AQUITAINE et SUD-OUEST – Urbanisme équitable ?

Pour contribuer aux Journées mondiales de l’urbanisme, la SFU Aquitaine et Sud-ouest a plutôt choisi de joindre ses forces à un projet local d’envergure qui lui permettra de traiter plus largement la thématique de l’équité urbaine. Et si l’urbaniste, par déontologie, inscrivait dans tous ses projets urbains une composante d’équité, appelant une vie urbaine meilleure ? Les membres participeront le 4 décembre prochain au grand rendez-vous bisannuel qu’est Échanges Urbains, un forum de valorisation de projets d’aménagement et d’urbanisme durables à l’échelle du Grand Sud. Organisée par l’Association des professionnels de l’urbanisme de Midi-Pyrénées, l’association des professionnels de l’urbanisme de Languedoc-Roussillon et l’association des professionnels de l’urbanisme d’Aquitaine et de Poitou-Charentes, auquel la SFU se joint, cette manifestation réunit à la fois des professionnels de l’urbanisme, mais aussi des élus et des techniciens.

L’objectif de cette soirée est de présenter une sélection de projets, par le biais desquels les participants pourront enrichir leurs savoirs et confronter leurs expériences, afin de contribuer à améliorer la qualité urbaine. Un appel à projet a été lancé, permettant de recueillir 106 candidatures. Désireux de privilégier les projets avancés ayant déjà une réalité concrète, sur ce critère, le comité de sélection en a retenu 40. Répartis dans quatre salles, les porteurs des projets disposeront de 30 minutes chacun, 15 pour la présentation, 15 pour les questions, pour présenter leur travail.

Projets de rénovation urbaine de quartiers, d’habitats coopératifs, développement de lieux dédiés à la coopération économique et à la transition énergétique, questions autour de l’urbanisme rural… les thèmes abordés seront variés et enrichissants. Voici trois exemples de projets à découvrir le 4 décembre prochain.

  • A Toulouse, un projet d’habitat coopératif
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Issu du dossier de presse Groupe des chalets

Le quartier de la Cartoucherie est le premier écoquartier intramuros de Toulouse. Situé sur un ancien site industriel reconverti, il accueillera 3100 logements, dont 35% d’habitat social et 25% en accession aidée. Parmi ces nouveaux arrivants, près de 90 familles se sont engagées dans la voie de l’habitat coopératif. Ensemble, elles participent à l’élaboration du projet en partageant leur vision de ce futur habitat, tout en étant très accompagnées dans cette démarche. Ce public, qui peut ainsi accéder à la propriété malgré des ressources parfois faibles, va ainsi bénéficier d’économies d’échelle, de construction et d’énergie. Charge à eux de voir jusqu’où ils pousseront la mise en commun de cet habitat coopératif, car outre un chauffage commun et l’achat groupé, ils peuvent également réfléchir à la construction de parties communes. Partager les jardins, aménager une salle de réunion transformable, en dehors de ces moments, en salle de jeux pour les enfants, prévoir une buanderie et pourquoi pas des chambres d’amis communes… La concertation permet non seulement de répondre au mieux aux besoins des habitants, mais aussi de faire en sorte qu’ils s’approprient leur futur quartier, puisqu’ils ont participé à son élaboration. Ainsi, les chances pour qu’une véritable vie de quartier existe dès l’arrivée des premiers habitants sont décuplées.

  • Les refuges périurbains de Bordeaux

L’idée est née dans le cerveau d’Yvan Detraz, un jeune architecte qui aimait à se promener dans les environs de Bordeaux : il envisage un jour d’aménager des refuges qui permettraient de faire le tour de la métropole bordelaise à pied. Ainsi, en 2010, un premier refuge en forme de nuage se pose à Lormont. Plus tard, une famille de hiboux en bois se niche au bord de la Garonne béglaise, puis une étoile investit une clairière de Floirac… Six véritables petites œuvres architecturales sont ainsi installées, prêtes à accueillir le randonneur, qui peut (re)découvrir le périrubain, la nature aux portes de la ville.

De plus en plus populaires, ces hébergements insolites attirent désormais autant les habitants de l’agglomération que des visiteurs de passage, invités à occuper gratuitement les lieux pour une nuit après réservation (uniquement durant les beaux jours).

  • « Ville sans limite », une enquête d’imagination publique
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Couverture de la présentation du projet Villes sans limite

Montpellier, ville d’avant-garde sur les questions numériques, a lancé le projet « Ville sans limite », pour libérer la créativité et inviter les habitants à inventer la ville facile à vivre. Ce projet prend la forme d’une application mobile expérimentale, qui permet à chacun de composer sa vision personnelle de l’évolution de la ville. Six thèmes sont proposés : le rapport à la nature, à la créativité, à la mobilité, à la densité, au monde digital et à la vie de quartier. Grâce à cette application, les utilisateurs prennent conscience des imbrications des différents thèmes, des équilibres instables susceptibles d’être bouleversés si une décision prise n’est pas parfaitement étudiée sous tous ses aspects. Dans le même temps, grâce aux réponses collectées, la ville peut agréger et analyser en temps réel ces données, puis les partager sur les réseaux sociaux. Véritable moyen de dialoguer avec les habitants, cette application est un lien entre les habitants et les professionnels qui pensent la ville.